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Dernières Nouvelles D'alsace, 15/09/2010
Pour marquer ses dix ans d'existence, Emmaüs Mundolsheim organise trois manifestations dont une intitulée « Patrimoine de l'éphémère » pour s'inscrire dans une réflexion sur le temps.
Sur les
murs plusieurs affiches : « Une commode donnée, c'est du travail retrouvé », « Un jean donné, c'est du travail retrouvé ». Des images et des slogans qui résument le pari
difficile de cette structure d'insertion. « Notre pari, c'est de mettre l'économie au service de l'humain et du social, avec le souci d'avoir une ouverture vers le monde de
l'entreprise », explique Thierry Kuhn, directeur d'Emmaüs, implanté à Mundolsheim.
A la différence des autres communautés, il s'agit d'une association affiliée à Emmaüs et à sa branche Économie solidaire et insertion. Son objectif est l'insertion sociale et
professionnelle de personnes sans emploi, avec des difficultés particulières. L'activité : la collecte, le tri et la vente d'objets récupérés auprès des particuliers, notamment lors des
déménagements. 14 % du temps de travail est consacré à la formation.
Dix ans et une diversification géographique qui traduit l'élan et les besoins du public. Le premier bâtiment, rue du Général-Rapp, étant devenu trop petit pour accueillir les stocks, les
ateliers et les bureaux, Emmaüs a loué, puis acheté l'immeuble d'en face, grâce à des aides de la CUS, de la Région et de la Direction générale du Travail. La vente s'étend sur quelque
1 000 m², avec de constantes améliorations : un stand de quincaillerie va bientôt être proposé, après un an de test, ainsi qu'un espace multimedia.
En 2008, Emmaüs comptait 25 salariés, actuellement ils sont quarante. « Face au début de la crise économique en 2008, c'est la réponse que l'on a essayé de donner », ajoute
Thierry Kuhn. Par an, ce sont 800 tonnes de matériel récupéré. Face à la chute des subventions, à l'équipe d'avoir des idées. Début 2011, une mini salle des ventes devrait s'implanter place de
Haldenbourg à Cronenbourg. Un lieu pour marquer la présence d'Emmaüs, créer des emplois et assurer une animation du quartier.
Mutualiser les moyens
Autre
projet : regrouper les trois structures de Mundolsheim, de Haguenau et de Scherwiller et mutualiser les moyens pour être plus forts et créer un chantier départemental. Ce qui ferait au total
77 places pour des salariés d'insertion, le siège social étant à Mundolsheim : « C'est aussi une reconnaissance de ce qui a été fait ici depuis dix ans ».
Par rapport à ces journées du Patrimoine, Emmaüs a souhaité s'y inscrire en proposant deux journées denses avec des animations variées. « Nous avons un devoir de mémoire et de
valorisation de tous ces objets qui étaient la richesse de leurs anciens propriétaires. Notre souhait est de donner de la TVA, de la taxe de valeur artistique, de créer un patrimoine
d'après-crise », estime Gilbert Meyer, partenaire de l'opération
D.E. Wirtz-Habermeyer
Emmaüs Mundolsheim, ZAC des Maréchaux, Mundolsheim, Tél:03 88 18 15 61.
Les animations « Patrimoine de l'éphémère » auront lieu les 18 et 19 septembre, de 10 à 18 h, avec des expositions et
des performances d'artistes (Daniel Depoutot, Marie-Paule Lesage, Nicolas Houdin), de designers (Nicolas Couturier et la Fabrique Solid), de créatrices de vêtements (Kendra Nakamura et Isabelle
Ducez), du photographe Vladimir Tankovitch, de Bernard Ebel, écrivain poète, de François Small, comédien, et de Renate Pook, danseuse. Présence aussi des plasticiens Eric et Christophe Meyer,
de Wonderbabette. Le groupe Impro'glio présentera son concert « Jazz en chantier », avec des chorégraphies de Renate Pook le 19 septembre à 14 h. Samedi à 18 h, le théâtre
Tohu Bohu proposera « Robin des Bois », mis en scène par Gilbert Meyer.
Le 3 octobre de 14 à 17h30, vente spéciale de vêtements de marque et défilé de mode avec les créations d'Isabelle Simonin, à partir des vêtements récupérés. Le 16 octobre à 21 h, concert
au Molodoï avec Indika (reggae), Silmarinium (rock), Spleen Velvet (power pop), Benjamin (pop, folk). Entrée : prix libre.
LA SALLE DE VENTE