Partager l'article ! Le gel des contrat unique d'insertion par l'Etat pénalise le travail des associations alsaciennes:   ...
lundi 22 novembre 2010
L’INSERTION EN MAL DE FINANCEMENT PUBLIC
« Nous sommes dans une situation surréaliste, dénonce Thierry Kuhn, le directeur du chantier d’insertion Emmaüs de Mundolsheim. Alors que le chômage augmente, on bloque les structures qui créent de l’emploi. » Depuis octobre, pour des raisons budgétaires, l’Etat gèle le financement des contrats unique d’insertion. Le dispositif vise à aider les entreprises et associations à employer, former et accompagner des personnes en difficulté. Faute d’aides, les structures d’insertion n’embauchent plus.
Des demandeurs en attente
« Nous avons été contraints de refuser une trentaine de demandeurs depuis octobre, explique Fatima Riahi, la directrice des Jardins de la Montagne-Verte, une association dédiée à l’insertion par la culture de légumes bio. C’est extrêmement dur de leur dire non, alors que pour certains nos structures sont le dernier filet avant la rue. Nous rencontrons des situations sociales difficiles, des jeunes primo-arrivants sur le marché du travail ou des gens plus âgés en fin de droits. » Mêmes constat et désolation à Emmaüs Mundolsheim. « Nous devions encore engager sept personnes avant la fin de l’année, mais cela sera impossible, regrette Thierry Kuhn. Avant le gel de l’Etat, nous avions fait des promesses à six personnes. On a réussi à débloquer quatre contrats unique d’insertion, mais nous avons dû embaucher les deux autres en contrat à durée déterminée. Nous prenons un risque financier jusqu’à la fin de l’année, mais nous ne pouvons pas laisser ces gens sans rien. »
Si les restrictions budgétaires pénalisent les personnes dans leur « route vers l’emploi », elles fragilisent aussi les structures. « La tension est là », explique Patrick Wabnitz qui dirige
Vetis, un chantier d’insertion par le recyclage de vêtements. Son association emploie actuellement
26 personnes en insertion, alors qu’elle pourrait en accueillir douze de plus. « Notre fonctionnement s’emballe au détriment de la sérénité, poursuit-il. Et puis, cela pose un autre problème de
financement, car nous avons un quota d’heures à respecter pour toucher certaines primes, notamment des fonds sociaux européens. Comme nous avons moins d’employés, c’est difficile. » Le
financement des contrats devrait être gelé jusqu’à la fin de l’année. Les structures, qui déplorent un manque de visibilité, craignent une baisse de l’enveloppe gouvernementale en 2011.
Philippe Wendling
MANIFESTATION
Les structures appellent à un rassemblement devant la direction du travail, rue Gustave-Adolphe-Hirn, à 13 h 30 le mardi 30 novembre. Elles défileront ensuite vers la préfecture, place de la République, afin d’y bâtir une maison de l’insertion.