EMMAÜS MUNDO'

Une seconde vie pour les objets, une seconde chance pour les hommes.

15O pour Emmaüs France (DNA)

Publié le 25 Mars 2012 par EMMAUS MUNDOLSHEIM

Quelque 150 encadrants et salariés des 80 structures d’insertion du mouvement Emmaüs ont profité d’une réunion annuelle pour manifester sur le parvis du Conseil de l’Europe, hier soir. Leur but : attirer l’attention des candidats à la présidentielle sur la problématique de l’insertion économique et solidaire.

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À 19 h, montre en main, 150 encadrants de toutes les structures d’insertion économique et solidaire du mouvement d’Emmaüs en France, ont brandi les photos des salariés du chantier de Mundolsheim, pour « mettre l’humain au centre » de la campagne présidentielle en attirant l’attention des candidats sur la problématique de l’insertion en France.

Sur les marches du parvis du Conseil de l’Europe, dissimulée derrière le portrait d’un certain « Jean », Raphaëlle Davoix est venue de sa Normandie avec la ferme intention de « porter les voix des gens en situation d’insertion » jusqu’aux oreilles des politiques. Avec le groupe rassemblé dans le cadre de sa réunion nationale annuelle, elle a rencontré ce vendredi quelques eurodéputés.

« L’État se désengage depuis plusieurs années »

« Nous avons environ 80 structures d’insertion qui travaillent sur la récupération de quelque 250 000 tonnes d’objets par an ce qui nous amène 180 millions de recettes pour continuer à faire vivre nos chantiers », a rappelé Christophe Deltombe. Et le président d’Emmaüs France d’exhorter les politiques en campagne à « soutenir l’économie sociale et solidaire. »

« On voudrait dire aux candidats, regardez ce qui fonctionne et aidez-nous à continuer », complète Thierry Kuhn, responsable de la structure d’insertion de Mundolsheim. « On créé de l’emploi – plus de 10 000 personnes sont embauchées dans des chantiers d’insertion en Alsace – et de la richesse puisque 1 euro investi dans nos structures équivaut à plus de 3 euros réinjectés ensuite dans l’économie locale », souligne-t-il. Pourtant, selon lui, « l’État se désengage depuis plusieurs années », comme en témoignent les coups portés aux contrats aidés et la baisse régulière des subventions.

En pleine campagne électorale, pour la présidentielle comme pour les législatives, le but est donc d’interpeller les politiques sur ces problématiques et de leur faire « des propositions concrètes ». Une mesure phare serait d’adapter les dispositifs d’insertion « à la réalité des hommes », explique Thierry Kuhn. Notamment en allongeant la durée des contrats des salariés, limités actuellement à 2 ans et 24 heures hebdomadaires.

« On estime que 2 ans, c’est trop court pour réapprendre à se lever le matin, pour se rendre au travail, respecter les horaires… C’est juste ce qu’il faut pour se reconstruire », témoigne Michèle Raimbault, 63 ans, bénévole depuis un an dans la structure de Mundolsheim. Pour les militants, « Jean, Marie, Robert ou encore Anne » mériteraient donc une 3 e année de formation qui devrait les assurer d’un avenir plus sûr.

 

  par Amandine Chappotteau, publié le 10/03/2012

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